Le Premier Ministre et 6 membres de son Gouvernement réélus dès le premier tour, tous les autres en ballotage plutôt favorable, quand ce n'est pas carrément un boulevard ; 43% des suffrages (projection de 405 à 445 sièges) pour l'UMP, contre 28,6 au PS (100 à 140...) ; voilà qui caractérise bien l'ampleur de la victoire et, plus que cela, de la volonté de changement des Français, déjà exprimée le 6 mai. Pour le coup, la victoire de la Droite républicaine est définitivement sans appel et, dans 5 ans, plus rien ne pourrait pardonner un nouvel immobilisme ; en même temps, le feux étant au vert (enfin au bleu !), je ne vois pas le Président Sarkozy reculer maintenant sur ses engagements ! Et c'est tant mieux...

Forcément, en face, c'est la gueule de bois. Le MoDem est déjà à la ramasse (et ce n'est pas l'appel du pied de Royal, ce matin, à Bayrou, qui va arranger la mayonnaise !...), à l'image du score de mon amie Nathalie Boulay-Laurent chez nous (7,69%). Le PC reste sous la barre des 5% et le Front National poursuit inlassablement sa descente en enfer avec un très mauvais (ou bon, cela dépend du point de vue où on se place !!!) 4,7%, en tenant compte du MNR... en plus !

Quant au PS, il suffit d'entendre le commentaire de Manuel Valls, déjà à la télé à 20 heures hier soir sur France 2 (comme quoi Cristela parle avec bon sens...) pour saisir l'ambiance : "J'en ai assez que la vie politique et notamment celle de mon parti tourne autour de la vie d'un couple" (pas très élégant, tout de même !). Autant dire que dès lundi prochain, va éclater une guerre, jusque-là de tranchées, pour récupérer la direction du Parti et tenter de le moderniser. Si avant dimanche, on pouvait penser que la nouvelle candidate au Secrétariat National du PS, Ségolène Royal (qui a annoncé qu'elle présenterait une Motion...), avait d'ores et déjà un chemin balisé, la déroute ou les mauvaises surprises de ses proches hier soir, de Bianco à Montebourg, en passant pas Peillon ou Lang, rééquilibre les enjeux... internes ! D'autant que même Strauskhan, qui devrait néanmoins l'emporter, est en ballotage difficile ! Comme disait l'autre : "ça va tomber comme à Stalingrad !"...

On en reparlera après le second tour, mais plusieurs enseignements nationaux peuvent d'ores et déjà être tirés de ce premier tour, en plus d'une simple lecture des résultats politiques. D'abord, je l'ai déjà écrit, nous sommes maintenant bien ancrés dans un régime présidentiel qui pose la question de nos institutions en l'état et du rôle, finalement très secondaire pour les Français, il suffit de voir la multiplication par presque trois de l'abstention en un mois (!), des législatives.

Ensuite, qu'il va être temps, face à la multiplication des candidats (13 en moyenne sur les 577 circonscriptions), dans le seul but de récupérer une rente pour leur organisation pour les 5 ans à venir, de revoir les textes sur le financement des partis politiques. En effet, il est aujourd'hui à l'origine d'un phénomène marquant, outre le trop plein de candidats qui brouille les cartes : l'émergence de groupuscules, de partis dangereux, quand ce ne sont pas des sectes, communautaires ou non d'ailleurs, dont on peut douter des réelles bonnes intentions et que le contribuable va tranquillement financer durant la mandature !

Enfin, dernier enseignement, et notamment à Courcouronnes, il a son importance, les candidatures communautaires se sont effondrées, y compris dans les quartiers. Ca au moins, c'est rassurant pour notre démocratie...

Au niveau local, les bonnes nouvelles sont bien là également. Nicolas Dupont-Aignan et Franck Marlin réélus dès le premier tour ; Véronique Carantois et Laurence Gaudin en ballotage favorable (ah ! voir tomber Dray et ses bonnes leçons....), et tous nos sortants partis pour être réélus aisément, même NKM, pour qui c'était le baptême du feu puisqu'elle avait succédé à Pierre-André Wiltzer : que du bonheur ! BRAVO À TOUS LES AMIS !

Enfin, également sur la première, les résultats sont positifs. Alors bien sûr, la victoire ne semble pas à portée de fusil : pas encore tout à fait. Bien sûr, le très médiatique Manuel Valls vire en tête dans une circo cousue main. Mais quand même ! Que de chemin parcouru, en à peine un mois, par Cristela de Oliveira, inconnue il y a quelques semaines, et qui a gagné, haut la main, le droit de revenir en deuxième semaine !

Finalement, elle est bien loin l'information erronée lancée par TF1 à 21h15 hier soir et indiquant la victoire de Valls dès le 1er tour, avec 53%. Car en effet, à part sur Evry, où le chemin sera encore très long (!!!), les autres villes de la circo, même quand le candidat PS vire en tête, se sont très bien comportées ; mieux même, et parfois de loin, que lors de la Présidentielle ! Ainsi, en totalisant les voix de gauche et celles de droite (on peut débattre un moment du divers gauche Moura Saadi...), mis à part Bondoufle, qui fait une fois de plus cavalier seul, le rapport gauche-droite est quasiment équilibré partout : c'est une excellente nouvelle.

A Courcouronnes, depuis un mois, les choses se sont rééquilibrées et montrent bien que plus l'on s'approche du local, plus la tendance évolue. Un sacré bon signe !... A Lisses et Villabé, les tendances nouvelles entrevues à la Présidentielle se précisent. A corbeil-Essonnes, il y a également du mieux.

Bref, dans une circo considérée comme imprenable, l'espoir est permis : pour la semaine prochaine, même si bien sûr Valls sera archi-favori, mais également pour les scrutins de l'an prochain.

Bravo donc à Cristela, qui aura justifié nos espoirs placés en elle (à mon avis, elle en a surpris plus d'un puisqu'elle ne fait que 4 points de moins que le duo de Maires Dassault-Beaudet en 2002 !...), comme quoi faire confiance aux talents locaux est une bonne chose. C'est ainsi que l'on construit, dès aujourd"hui, nos victoires de demain.

Bravo également aux militants qui se mobilisent, avec la Présidentielle, depuis déjà de longs mois.

Il reste une semaine pour renverser des montagnes : 6 jours le nez dans le guidon pour créer une énorme surprise. Dans ces cas-là, on ne réfléchit plus : on bosse !

Alors au boulot !